Jul 102015
 

Sortie d’Afrique

Copyright: Robert Maculewicz

Quand les premiers humains modernes se sont aventurés hors d’Afrique il y a environ 60 000 ans, ils ont laissé des traces encore visibles aujourd’hui dans des marqueurs génétiques. En cartographiant l’apparence et la fréquence des marqueurs génétiques chez les peuples modernes, il est possible de créer une image de quand et où les humains se sont déplacés dans le monde entier.

Les plus anciens ossements de type Homo sapiens connus apparaissent il y a 200 000 ans dans les fossiles trouvés en 1967 sur le site Omo Kibish en Ethiopie. Le datage exhaustif a été fait en 2005, suite auquel ils ont été appelés Homo sapiens idaltu.

Selon le dossier génétique et paléontologique, nous ne commencions à quitter l’Afrique il y a entre 60 000 et 70 000 ans. Le refroidissement de la Terre et l’apparition de la dernière période glaciaire aurait rendu la vie difficile pour nos ancêtres africains. Une fois que le climat a commencé à s’améliorer, quelques premiers explorateurs se sont aventurés au-delà de l’Afrique. Les premiers habitants ont colonisé le continent eurasiatique probablement à travers le Bab-al-Mandeb séparant aujourd’hui Yémen de Djibouti.

Ces premiers arrivants ont fait une expansion rapide le long des côtes vers l’Inde et ont atteint l’Asie du Sud-Est et l’Australie il y a environ 50 000 ans. La première grande incursion de notre espèce au-delà de l’Afrique nous a conduit tout le chemin à travers le monde.

Un peu plus tard, il y a 50 000 années, un deuxième groupe semble avoir pris le chemin de migration à l’intérieur des terres, pour se diriger vers le Moyen-Orient et le sud de l’Asie centrale. De ces camps de base, ils étaient sur le point de coloniser les latitudes septentrionales de l’Asie, l’Europe, et au-delà.

Pendant quelques années la théorie de la migration humaine le long des côtes n’a pas été confirmée complétement pour la partie de l’Asie du Sud-Est. La formation géologique et climatique de cette partie de l’Asie ainsi qu’une manque des éléments archéologiques dans cette région, ont donné lieu d’investissement des routes alternatives pour la migration des Hommes modernes. Ce n’est qu’en 2009, après une découverte au Laos des ossements de plus ancien Homme moderne en Asie, datant d’environ 46 000 années, la théorie de migration a repris le chemin théorique initial.

L’histoire de l’arrivée des Hommes modernes dans le sud-est asiatique vient de s’éclaircir un peu plus. Des fragments d’un crâne d’Homo sapiens vieux de 46 000 à 63 000 ans ont été trouvés dans une grotte située dans une région montagneuse au Laos.

La découverte en 2009 de plusieurs morceaux d’un crâne dans une grotte située au sein des montagnes annamites au Laos pourrait bien combler ce manque. Selon plusieurs datations, ils appartiendraient au plus vieil homme «totalement moderne » trouvé dans une région continentale en Asie du Sud-Est. L’histoire des migrations dans cette partie du globe pourrait même être repoussée de plus de 20.000 ans. Ces restes humains ont été décrits dans la revue Pnas par Fabrice Demeter, du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris.

Cette étude révèle un autre fait important : les migrations des Hommes modernes en direction du sud jusqu’aux îles du sud-est asiatique et l’Australie ne se sont pas uniquement faites le long du littoral, comme suggéré par plusieurs études. Des migrants se sont également déplacés vers le nord en s’enfonçant dans le continent. La grotte des singes se trouve en effet près du sommet de la montagne de Pa Hang qui culmine à 1.170 m d’altitude. Les territoires asiatiques étaient donc traversés par plusieurs couloirs de migration. [1] [2]

migrations

Il y a environ 20 000 ans, un groupe de chasseurs asiatiques entre dans l’Extrême-Orient asiatique au cours de la dernière ère de la période glaciale. A cette époque les grandes calottes glaciaires couvrant l’extrême nord avait littéralement aspiré une grande partie de l’humidité de la terre dans leurs vastes étendues de désert blanc, la baisse des niveaux de la mer de plus de 300 pieds. Cet exposé a formé un pont de terre qui reliait l’Ancien au Nouveau Monde, pour rejoindre l’Asie aux Amériques. En le traversant, les chasseurs avaient fait le grand pas final de l’aventure humaine. En 15 000 ans, ils avaient pénétré les terres au sud de la glace, et en moins de 1 000 ans, ils avaient fait tout le chemin à la pointe de l’Amérique du Sud. Certains ont même fait le voyage par mer.

L’histoire ne se termine pas là, bien sûr. La montée de l’agriculture il y a et environ 10 000 ans, l’explosion de la population, la création des empires, la propagation des cultures, de la technologie et science véhiculées avec et tous les événements sociaux ont laissé un impact sur le patrimoine génétique humain et des traces dans notre ADN.

 

Référence:

[1] http://www.futura-sciences.com/magazines/sciences/infos/actu/d/homme-decouverte-plus-vieil-homme-asiatique-moderne-laos-40791/#xtor=AL-26-1[ACTU]-40791[decouverte_du_plus_vieil_homme_asiatique_moderne_au_laos]

 

[2] http://www.pnas.org/content/109/36/14375.abstract

 

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