Jul 022015
 

La théorie d’origine de la province actuelle de Sichuan au centre-ouest de la Chine

Copyright: Robert Maculewicz

La théorie est apparue à la fin de XIXème siècle. Sa création est attribuée à Albert Etienne Jean-Baptiste Terrien de Lacouperie (ou Albert Terrien Poncel, baron de Lacouperie), linguiste[1], philologue[2] et sinologue français à l’Université de Londres, qui a analysé les anciennes écritures chinoises pour prouver la similitude linguistique entre les minorités chinoises et les peuples de l’Asie du Sud-Est.

Né en 1845 en Normandie d’une ancienne famille cornouaillaise Terrien du sud de l’Angleterre qui a immigré en France à la fin de XVIIème siècle pendant la guerre civile.

En début de la vie, il s’installe à Hong Kong, où il rapidement tourne son attention à l’étude des langues orientales, et il acquiert une connaissance particulière de la langue chinoise. En 1867, il publie un ouvrage philologique, « Du Langage, Essai sur la Nature et l’Étude des Mots et des Langues », qui attire une attention considérable. Peu de temps après, il s’oriente dans le déchiffrement des inscriptions babyloniennes et leur comparaison avec les caractères chinois ressemblant selon lui aux anciens hiéroglyphes akkadiens.

La philologie comparative des deux langues occupe la majeure partie de sa vie, et il est capable de montrer une parenté entre eux. En 1879, il se rend à Londres et commence à écrire des ouvrages en anglais. En 1880, il publie le livre « Early History of the Chinese Civilization ». En 1884, il devient professeur de philologie comparative, telle qu’elle est appliquée aux langues de l’Asie du Sud-Est, à l’University College à Londres.

En 1985, sa théorie d’origine de la civilisation Lao (et plus précisément des Shans ou Tai) « The Cradle of the Shan Race » fait partie intégrale du livre de M. Archibald R. Colquhoun « Amongs the Shans ».

Il effectue ensuite l’analyse d’autres langues asiatiques dans la Chine ancienne et pendant le développement de la langue chinoise. En 1887, l’ouvrage « The languages of China : Before the Chinese » est publié à Londres.

Durant ses dernières années de vie il s’occupe d’une étude de la « Yh King », le plus ancien ouvrage en langue chinoise. Sa signification a été un puzzle pour tous les chercheurs. Terrien de Lacouperie a démontré que la base de travail consiste en analyse de notes fragmentaires, principalement lexicales de caractères, et a remarqué qu’ils ressemblaient à ceux des syllabaires de la Chaldée. En 1892, il publie la première partie d’un traité explicatif « The Oldest book of the Chinese : The YH-KING and its authors », dans lequel il déclare sa théorie de la nature de la « Yh King » et donne des traductions de passages.

Le dernier livre de Terrien de Lacouperie, « Western Origin of the Early Chinese Civilization : before 2300 BC to 200 AD » est publié en 1894.

Il a planifié ensuite une sortie de 2 volumes de l’histoire de la civilisation de la Chine ainsi qu’une étude de la philologie indochinoise et de sa place dans la science de langue.

Albert Terrien de Lacouperie est mort le 11 Octobre 1894 à Londres en Angleterre.

Les traductions et les théories de Terrien que les origines de la civilisation chinoise naissent en Mésopotamie ont impressionné le public, mais ont été critiquées ou révoqués par les sinologues dans les années suivantes.

Nous reviendrons rapidement à quelques-unes plus tard par rapport aux dernières découvertes archéologiques et aux résultats de nouvelles sciences n’existantes à l’époque de Terrien de Lacouperie.

Analysant les anciennes écritures chinoises, notamment dans les « Annales de Bambou », Terrien de Lacouperie a trouvé les premières traces d’autres populations habitant le territoire de la Chine antique. Il a considéré que la chronologie d’événements présentée dans les « Annales de Bambou » est plus proche de la réalité historique que celle décrite dans d’autres écritures chinoises. [3]

La première notion concernant la civilisation Lao apparaît chez Terrien de Lacouperie parlant de la dénomination de la population des Man :

Le nom de Man a également été utilisé en Chine comme une dénomination générale de tous les barbares du Sud, mais il a d’abord été appliqué distinctement à ces populations, et plus particulièrement à ceux qui occupent les provinces modernes d’Anhui et Jiangxi.[4]

La notion de barbares est une notion très originale et abusivement utilisée dans l’écriture chinoise. Au fait, il s’agissait tout simplement des peuples qui ne voulaient pas se soumettre à l’occupation chinoise.

Une autre branche de la même origine est représentée par les Grands Mung ou Ta Mung.

Les Grands Mung ou Ta Mung sont évidemment de la même race, dans laquelle nous ne pouvons pas ne pas reconnaître les Mung, les Shan. Nous entendons parler de Mung dans les anciennes écritures de temps de Yu le Grand de la dynastie Xia. Ils étaient dans la région du soleil couchant selon le Erh-ya, le plus ancien dictionnaire chinois (Vème siècle avant JC), et de leur endroit exact était dans la partie ouest de la province Sichuan…

Ils ont formé la famille dominante du Royaume Nan Chao ou « Chao du Sud » ainsi que celle de plusieurs autres plus tard.

Le nom d’une autre branche de la même race apparaît très tôt, à savoir les Pa, les représentants transformés des Pa-y, dont les tribus très nombreux sont dispersés depuis le sud de Sichuan, tout au long de Yunnan et jusqu’à ses frontières au sud. Nous entendons d’eux en 1971 avant JC lorsque le souverain chinois K’i[5] des Xia a été réputé pour avoir envoyé chez eux son ministre Mang-t’u…

Ils ont été soumis par l’Etat de Qin[6] en 338 avant JC, et depuis ce temps ont lentement progressé vers le sud. Leurs anciens territoires étaient dans l’ouest de la province de Sichuan. Et non loin d’eux étaient les Lung de la même parenté. [7]

Pour ce qui concerne l’origine de la branche principale des Lao, appelée Lao, Ngai Lao ou Ai-Lao, Terrien de Lacouperie est plus précis.

Nous en savons plus de l’emplacement d’origine des Lao, ou Ngai Lao, que des autres. L’endroit même où leurs traditions soulignent est le Lao Shan[8], à savoir les montagnes Lao, à l’intersection des provinces actuelles de Henan, Hubei et d’Anhui, d’où ils ont étendu vers l’ouest dans la chaîne des montagnes Kiulung, formant les limites de provinces de Shaanxi et de Sichuan.[9]

Nous entendons d’une branche de la Ngai-Lao, dans le troisième siècle avant JC, lorsque le Qin avancé dans Sichuan. Ils apparaissent à nouveau dans 47 de notre ère, faire des raids sur le territoire chinois descendant les rivières Han et Yangzi Jiang sur des radeaux de bambou. En l’an 69, Liu Mao, leur roi général, a été soumis à l’empire avec soixante-dix-sept chefs de communautés, 51 890 familles, comprenant 553 711 personnes. Comme ils étaient étendus sur toute la partie ouest de Sichuan et vers le sud, ils ont été officiellement reconnus par le gouvernement chinois dans l’est du Yunnan. Ils apparaissent en l’an 78 de notre ère, s’être révolté contre les fonctionnaires chinois nommés pour représenter la suzeraineté de la Chine. Leur roi, Lei-lao, a été vaincu dans une grande bataille, qui a causé l’exode de leurs tribus vers le pays représentant les états Shan du nord. Ils ont vite récupéré de ce coup; et ils ont développé et formé l’agglomération qui est devenu en 629 le grand État du Nan Chao, qui plus tard s’est étendu dans toutes les directions. [10]

Les autres branches ont été présentes sur le territoire de la province actuelle d’Anhui.

Dans le voisinage des montagnes Lao était la plus orientale de la branche de la course, celle des Tchao dans la province actuelle d’Anhui…

Il était parmi eux (comme une tribu apparentée?) le fondateur de Shang exilé Kieh, le dernier souverain de la dynastie renversée Xia, en 1558 avant JC. Ils se sont étendus vers le sud en Jiangxi et faisaient partie du royaume Tsu.

Ils n’ont pas été délogés de leurs sièges avant le Xème siècle de notre ère, quand ils ont été conduits dans Hunan, ouest de Guangxi et Guizhou. Beaucoup d’entre eux ont émigré complétement de la Chine à cette époque, mais ils sont encore largement représentés par le Tu-jen, Tschung-Kia, et d’autres tribus de Guangxi et Guizhou de nos jours, parlant dialectes ressemblant beaucoup au Siamois, dont ils sont sans aucun doute les frères aînés. [11]

Terrien de Lacouperie a pris comme l’hypothèse la direction de la migration de l’ouest vers l’est, donc, il a conclu que le berceau de la civilisation Lao se trouve dans le massif Kiulung formant les frontières des provinces de Shaanxi et Sichuan en Chine. Plus précisément les montagnes Kiulung se trouvent actuellement dans la préfecture d’Ankang de la province Shaanxi (les coordonnées géographiques – latitude 32°15’0″ Nord et longitude 109° 0′ 0″ Est).

Références:

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Linguistique

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Philologie

[3] (Colquhoun A. R., 1885, p. xxvi) (Lacouperie, 1885, p. xxvi)

[4] (Colquhoun A. R., 1885, p. xliii)

[5] Probablement il s’agit Bu Jiang http://fr.wikipedia.org/wiki/Bu_Jiang

[6] Ou Ts’in http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_de_Qin

[7] (Colquhoun A. R., 1885, p. li)

[8] Je n’ai pas trouvé de Lao Shan à l’endroit indiqué. Il est très probable que le nom a été changé depuis. Celui trouvé dans la province de Shandong ne correspond pas à la description de Terrien de Lacouperie. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Lao

[9] (Colquhoun A. R., 1885, p. lii)

[10] (Colquhoun A. R., 1885, p. liii)

[11] (Colquhoun A. R., 1885, p. liv)

 

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